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Le mythe Océanien

Purea et Amo. C'est le cas de l'actuel Temarii, le seul enfant que Purea sauva ; ayant accouché seule, elle sauva l'enfant bien qu'en ayant tué plusieurs autres, car, avec son mari Amo, elle faisait partie de la société des Ariioi : il la quitta pour cette raison mais ils se réconcilièrent plus tard et le garçon devint son héritier.
Une femme ne craint pas de montrer ses formes, au cours d'une danse ou au bain, si elle sont parfaites ; si elle ne le sont pas, elle évitera autant que possible de se montrer et bien qu'hommes et femmes se baignent fréquemment ensemble, ils sont en cette occasion plus remarquables par leur décence que par leur légèreté.
Leurs maisons n'ont pas de murs et ils n'en ont aucun besoin ; malgré cela on ne peut les accuser d'avoir des relations sexuelles en public, car autant que nous ils aiment être à l'abri des regards. Au cours de notre séjour dans les îles, je n'ai jamais rien vu qui ait pu me faire penser le contraire et cela bien qu'ils soient de peu de vertu. Toutefois, il ne semble pas qu'on puisse généraliser et les nombreuses familles de certains paraissent indiquer une grande liberté de moeurs.
Il est possible que le comportement de certaines femmes ait à sa base une idée de profit, porté à un point voisin de l'indécence, mais quels sont les pays qui ne produisent pas de femmes semblables ? Le fer est plus précieux pour eux que l'or, et, pour se procurer de l'or, certaines de nos femmes n'hésiteraient pas à commettre des actes d'indécence et même d'horribles crimes dont la seule pensée ferait trembler ce peuple. S'ils peuvent acheter du fer en contrepartie de leur beauté ou se le procurer par le vol, ils le feront. Ils ne considèrent aucun de ces moyens comme un crime. Ils en connaissent la valeur et estiment qu'il n'y a pas de prix trop élevé.
Nous n'ignorons pas que l'or est préféré dans certains pays et que certaines femmes parmi les plus distinguées en Europe ont la réputation de le préférer à la vertu, et cependant nous reprochons à ces populations innocentes et livrées à elles-mêmes des actes que nous les incitons à commettre.
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