Réf: 0001/136
Le mythe Océanien


Quiros 1595. Les Marquisiennes, petits cadeaux aidant, se donnent aux marins et aux soldats. Le 21 juillet 1595, Fatu Hiva, l'île au sud des Marquises, est en vue. Mendana se croit arrivé aux fameuses îles du roi Salomon, précisément au pays d'Ophir, où, selon la Bible, le roi Salomon s'approvisionnait en or et en diamants. Le lendemain, il réalise son erreur lorsqu'il voit des Polynésiens nus s'approcher du navire à la nage ou sur des pirogues. La description des habitants de cette île, que nous a laissés Quiros, son navigateur portugais, donne déjà le ton du mythe : On peut compter environ quatre cents Indiens à la peau presque blanche et de belle stature, grands et robustes, forts, les jambes solides, les mains aux doigts larges, les yeux vifs et les traits du visage agréables. C'est une race propre qui respire la santé et dont le parler même semble vigoureux. Dépourvus de tout vêtement, leurs corps sont couverts de tatouages bleus qui représentent des poissons ou d'autres dessins. Leurs cheveux aussi longs que ceux des femmes sont très souples et certains portent des tresses. Beaucoup d'entre eux sont blonds et accompagnés d'enfants si charmants que l'on ne peut s'empêcher de louer le créateur devant un tel spectacle, même si ces gens là ne sont que des barbares nus. Après quelques péripéties sanglantes, il faut bien le dire, Quiros donne des précisions sur la nature des femmes de l'île : Après s'être enfuis quelques temps dans les montagnes, ils reviennent petit à petit. Surtout les femmes qui possèdent de jolies jambes et de jolies mains, de beaux yeux, des visages agréables, la taille fine, et beaucoup d'entre elles sont plus jolies que les femmes de Lima, pourtant réputées pour leur beauté. De petits cadeaux aidant, elles se donnent même librement aux marins et aux soldats… et le mythe prend naissance.
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