Réf: 0001/136
Le mythe Océanien

Le rang des femmes dans la société tahitienne.
Sauf à Tahiti, les Anglais, on le sait, sont peu enclins à établir des échanges avec les naturels des pays qu'ils colonisent, contrairement aux Français. Cette petite note dite en passant ne doit pas nous écarter du sujet qui nous intéresse. Les Tahitiens avaient si peu de considérations pour la femme qu'ils estimaient qu'elle était impure et que cette maladie, comme la varicelle ou la rougeole, était contagieuse. Notre érudit suédois disait :
"Si un homme s'assied ou s'étend là où d'ordinaire les femmes dorment ou se reposent, ou qu'il utilise pour oreiller un article vestimentaire féminin, il en sera souillé, son tapu, l'ichor sacré, sera contaminé par le contact avec ce qui est impur, et il s'en suivra que son équilibre spirituel, physique et intellectuel sera sérieusement affecté et mis en péril."
Non seulement les femmes sont impures, mais elles sont même dangereuses pendant leur période de menstruation. Ainsi, on confinait la femme dans des lieux isolés appelés "hale pea", où elles demeuraient à l'écart des hommes pendant la durée de leurs règles. Si l'homme était surpris en train de s'approcher d'une femme au cours d'une telle période, il était puni de mort. Les Tahitiens, superstitieux, considéraient qu'une femme qui avait ses règles portait malheur à celui qui l'approchait. Ils pensaient que les conséquences des malheurs auxquels ils s'exposaient dans ce cas là étaient plus graves que la peine de mort.
Pauvres vahiné ! Avant l'arrivée des Européens, leur vie n'était pas un long fleuve tranquille ! Elles ne pouvaient donc pas manger la même nourriture que les hommes, ni dans le même endroit qu'eux. Les maisons étaient construites en tenant compte d'un endroit distinct pour l'homme et pour la femme. Un missionnaire des îles Marquises précise que n'importe quelle famille, si pauvre soit-elle, qui se rend pour pêcher ou se livrer à toute autre activité dans quelque lieu inhabité, construit immédiatement une maison tabou, dans laquelle aucune femme ne doit rentrer. Toujours dans la rubrique des injustices à l'égard des femmes tahitiennes, si un homme touchait sans le vouloir les affaires de sa femme, la femme ne pouvait plus s'en servir, mais rien n'interdisait au mari de les utiliser par la suite. Les règles de vie de la société polynésienne étaient dans leur ensemble faites pour les hommes. Ainsi les tabous étaient toujours à l'avantage des hommes.
Retour